Charles Michel contrarié, l’Europe endormie

•26 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Charles Michel, Ministre belge de la Coopération au Développement

Quand la goutte de trop tombera-t-elle entre Israël et l’Union Européenne? Quand l’Europe parviendra-t-elle enfin à une position de politique étrangère en cohérence avec sa politique d’aide au développement ? Le weekend passé, le Ministre belge de la coopération au Développement Charles Michel s’est vu refuser l’accès à la Bande de Gaza dans laquelle il comptait se rendre lors de son séjour au Proche-Orient. Les autorités israéliennes ont déjà réservé ce sort à de nombreux officiels, dont le Ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, ou encore le représentant du Quartet au Proche-Orient, Tony Blair.

Contrarié, Charles Michel a déclaré qu’il tenait «  à protester contre cette mesure contraire au droit international. La Coopération belge finance également des projets à Gaza et ceux-ci sont interrompus depuis l’opération “Plomb durci” (l’invasion de la Bande par l’armée israélienne en janvier 2009)»(voir article de Serge Dumont dans le Soir, 25/1/2010). Le gouvernement israélien a justifié son geste par la crainte que la visite de représentants d’Etats donateurs ne fasse l’objet d’une récupération politique par le Hamas.

Dimanche, lors de sa rencontre entre le vice Ministre israélien des Affaires Etrangères, Danny Ayalon,  Charles Michel a gardé une position ferme bien que selon lui, l’entretien se soit déroulé « dans une atmosphère de respect mutuel».

La Belgique apporte son aide à la Bande de Gaza via deux agences de l’ONU, l’UNRWA et l’OCHA. Ce fait permet en outre, et une nouvelle fois, de rappeler que Gaza ne reçoit plus que 20% du volume des convois humanitaires qu’elle recevait avant l’opération Plomb durci. (voir article de Renée-Anne Gutter dans La Libre Belgique, 25/1/2010). Or avant les événements de l’hiver 2009-2010, Israël imposait déjà un blocus assez contraignant au territoire côtier.

Christophe Giltay le souligne dans  son reportage sur RTL, « en matière diplomatique, l’Europe n’est pour l’instant qu’un colosse aux pieds d’argile » (voir la vidéo sur le site RTL Info,  24/1/2010). De son côté, Vincent Slits écrit (voir édito de la Libre Belgique, 25/1/2010) que l’UE «  doit user de son influence à court terme pour forcer la réouverture des couloirs humanitaires vers Gaza. C’est l’urgence du moment. Et à plus long terme tenter de remettre les interlocuteurs autour de la table dans le cadre d’un processus de paix durable ».

Le Ministre belge a déclaré qu’il comptait rendre compte de ses griefs au gouvernement belge ainsi qu’au Conseil des ministres européens lorsque la Belgique assurera la présidence de l’UE.  Mais quel accueil sa proposition va-t-elle recevoir, pourra-t-il convaincre les 27 ? Cela débouchera-t-il un jour sur des mesures concrètes ? L’UE représente depuis longtemps le plus important bailleur de fonds du processus de paix, mais semble résignée à débourser sans mot dire. (NJO)

La liberté d’expression mise en péril en Israël

•20 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Jared Malsin

Jared Malsin, le rédacteur anglophone de l’agence de presse palestinienne Maan News, a été expulsé ce matin d’Israël. A leur retour de vacances en Tchéquie, le 12 janvier dernier, le journaliste américain et son amie Faith Rowold s’étaient vu refuser l’entrée sur le territoire israélien. La jeune fille avait été explusée jeudi 14 janvier tandis qu’une audience avait été accordée à Jared Malsin. Le journaliste est resté en détention dans une cellule de l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv  jusqu’à ce que tombe le verdict de son expulsion hier.

Selon les autorités israéliennes, Jared Malsin aurait « utilisé sa judaïté pour obtenir l’entrée dans l’Etat d’Israël ». Le journaliste aurait en effet évoqué l’éventualité d’immigrer en Israël en vue d’obtenir un visa. Les raisons évoquées pour sa détention sont donc « mentir aux officiers de la frontière », or il est illégal « entrer en Israël au moyen de mensonges ». Selon l’agence Maan News cette arrestation revêt tous les aspects de la censure et « ne peut s’expliquer que comme une mesure de rétorsion pour ses reportages sur la Palestine ». (voir BBC News).

Cet avis a par ailleurs été repris par le Comité de protection des Journalistes (Committee to protect journalists – CPJ) dont le coordinateur des programmes pour le Moyen-Orient, Mohamed Abdel Dayem, s’est exprimée en ces termes : « Forcer un journaliste qui n’a violé aucune loi à quitter Israël et les Territoires Occupés est inacceptable. Israel ne peut pas se cacher derrière le prétexte de la sécurité pour écarter des journalistes qui n’ont rien fait de plus que de maintenir une ligne éditoriale qui déplaît aux autorités. Israel devrait libérer Jared Maslin sans délai et l’autoriser à reprendre son travail ».

David Dadge, Directeur de l’Institut International de la Presse (International Press Institute – IPI) fait quant à lui remarquer que « Les autorités devraient reconnaître que le droit à la liberté de la presse s’applique à tous les journalistes, et pas seulement aux reporters qui écrivent en faveur de la politique gouvernementale d’Israël ».

Cette censure ne concerne pas uniquement les journalistes, comme le soulignent deux articles récents. Hier, le Washington Post (voir article) revenait sur les arrestations de plus en plus nombreuses d’opposants à la politique israélienne, que ceux-ci  soient Palestiniens, internationaux, ou même Israéliens. Le quotidien note en passant le changement opéré par les mouvements de protestation. Suite aux violences de la Seconde Intifada, les actions sont désormais calmes et légales, et rassemblent des activistes palestiniens et israéliens.

Aujourd’hui un article dans Haaretz souligne quant à lui la difficulté de plus en plus grande que rencontrent ceux qui travaillent dans les ONG dans les Territoires Palestiniens pour obtenir des visas de travail. « Israel refuses des visas de travail à la plupart des nationaux étrangers qui déclarent souhaiter travailler dans les Territoires Palestiniens, comme les professeurs étrangers pour les universités palestiniennes et les hommes d’affaires » explique le quotidien israélien.

La situation est inquiétante. Certains commentaires n’hésitent pas à comparer Israël aux régimes birmans ou chinois. Les actions des médias alternatifs ou des ONG sont essentielles pour la population palestinienne qui se sent souvent oubliée et incomprise. Priver les Palestiniens de ces fenêtres sur le monde équivaut à un peu plus étouffer chez eux l’espoir d’un avenir meilleur.(NJO)

Résistance palestinienne

•14 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Handala, symbole de la lutte du peuple palestinien pour la justice et l'autodétermination

A côté des faits violents et des récits de négociations sans succès qui marquent régulièrement l’actualité du conflit israélo-palestinien, les médias traditionnels passent souvent à côté d’actions non-violentes de résistance entreprises par des Palestiniens, des Israéliens et des internationaux refusant la spirale infernale de violence qui s’impose aux deux peuples. Récemment ces actions ont pourtant occupé une place relativement importante dans les médias.

A la fin du mois de décembre passé, quelques 1400 activistes se sont rassemblés au Caire pour y entamer  ensemble une marche de solidarité vers Gaza. Au final, seule une centaine d’entre eux ont sont parvenus à destination, les autres restant bloqué dans la capitale égyptienne à défaut d’autorisations de passage vers le territoire palestinien. Marianne Blume, ancienne enseignante à Gaza commentait pour le Soir du du 2 janvier, « l’important était qu’on parle du sort de Gaza assiégé, ce que nous avons réussi à faire ; évidemment, nous aurions préféré pouvoir nous rendre à Gaza pour manifester notre solidarité avec la société civile palestinienne… ».

Succès relatif donc mais succès quand même. L’article du quotidien belge allie par ailleurs un autre fait lié à une campagne internationale non-violente : l’arrêt par Dexia Israël du financement des colonies de Cisjordanie (non pas de Jérusalem-Est). La campagne tenace menée par l’association Intal contre la présence de Dexia dans les colonies israéliennes semble donc porter ses fruits (campagne menée dans le cadre plus large de la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement et Sanctions). Le Yesha, le lobby des colons israéliens, accuse les propriétaires européens des Dexia de céder aux pressions des lobbys « antisémites et anti-israéliens » actifs en Europe, « plus particulièrement en Belgique où le lobby pro-palestinien est puissant ».  De son côté, le président du comité des conseils régionaux, Shmouel Reifman, explique que le choix est essentiellement économique et que Dexia craint que de futures négociations de paix avec les Palestiniens en entrainent le démantèlement et les rendent insolvables, comme le relate le site RTL Info.

Dans les Territoires Palestiniens, la résistance non-violente est également bien ancrée. Les villages de Bil’in et Nil’in (et d’autres villages bordant le mur de séparation) luttent sans relâche et par des moyens originaux contre le mur qui les privent souvent de leurs terres agricoles, parfois de certains de leurs parents. Ces actions ont pour effet de décontenancer les soldats israéliens. Les services de renseignements de l’Etat hébreu semblent en outre s’être passé le mot sur le danger que constituent ces actions, comme le relate Amira Hass dans le quotidien israélien Haaretz le 23 décembre dernier (« Danger : popular struggle »). Pendant une réunion d’information au gouvernement,Yuval Diskin et Amos Yadlin, les chefs respectifs du service de sécurité du Shin Bet et du renseignement militaire, se sont exprimés de la sorte : “Les Palestiniens veulent continuer et construire un Etat de bas en haut… et forcer Israël à un accord d’en haut. La sécurité actuelle en Cisjordanie et le fait que l’Autorité agit contre le terrorisme de manière efficace ont amené la communauté internationale à se tourner vers Israël et là lui demander de faire des progrès (dans les négociations)».  La solution déjà utilisée contre des actions similaires durant la Première Intifada semble encore aujourd’hui être la répression. Celle-ci décourage les non-violents, et encourage la résistance violente, plus facilement associable au terrorisme.

La non-violence dérange donc les officiels israéliens. Serait-elle pour autant la meilleure des solutions pour le peuple palestinien ? La semaine passée Alain Gresh soulignait dans l’article « Non-violence en Palestine ? » sur son blog le défaut que pose ce genre de raisonnement. La communauté internationale blâme en effet souvent la violence de la résistance palestinienne, louant par ailleurs ses actions non-violentes. La stratégie non-violente peut sembler la meilleure, mais elle n’exclut pas le droit légitime d’un peuple de recourir à la violence pour se libérer.

Autre effet pervers d’un jugement normatif à propos de l’utilisation de la violence en Palestine : ce que Julien Salingue appelle la « recherche d’une légitimité nouvelle » plutôt qu’un réel « changement de stratégie » de la résistance palestinienne. Ce dernier rappelle en effet que le Mouvement National Palestinien n’a jamais exclu la violence de ses formes de luttes, que la non-violence prônée au début de la 1ère Intifada par Mubarak Awad ne fut présentée que comme une exigence conjoncturelle et que la « résistance non-violente » de certains villages contre le mur de séparation s’est depuis transformée en « résistance organisée à la base » (en anglais « grassroots resistance »). En d’autres termes, la non-violence est donc bien plus « à la mode » dans la communauté internationale qu’au sein du peuple palestinien.

De ces quelques exemples et remarques, des leçons peuvent être tirées. Il est nécessaire d’encourager la résistance non-violence, mais il n’est pas bon de juger arbitrairement la résistance violente. Rappelons-nous à ce titre du passé et de nos propres exemples de résistances. Une solidarité mal placée vis-à-vis du peuple palestinien équivaudrait à encore éloigner les faibles espoirs de justice et de paix. (NJO)

Gaza : un an après

•24 décembre 2009 • Un commentaire

Alors que les habitants de la Bande de Gaza sont toujours sous blocus israélien un an après l’attaque de Tsahal sur le territoire, l’Egypte augmente la pression sur le gouvernement du Hamas tandis qu’une dizaine d’Israéliens d’origine belge portent plainte contre le parti islamiste devant la Justice belge.

Le 27 décembre 2008, l’armée israélienne lançait une offensive meurtrière sur la Bande de Gaza qui dura vingt-trois jours de pilonnage intensif, et se solda par plus de 1300 victimes palestiniennes dont 410 enfants et 104 femmes (données de l’organisation israélienne pour les Droits de l’Homme B’Tselem ). Un an après, la situation n’a pas changé : le blocus israélien de la Bande est toujours de mise et s’applique également au ciment, ce qui empêche la population de reconstruire les infrastructures détruites.

Le 9 décembre dernier, le quotidien israélien Haaretz annonçait que l’Egypte avait entrepris la construction d’un mur sur dix des quinze kilomètres de sa frontière avec la Bande de Gaza. Ce mur serait composé de plaques d’acier pouvant s’enfoncer jusqu’à 20 m sous terre (voir article du Figaro). Ces tunnels sont pourtant la seule manière pour les Gazaouis de contourner le blocus israélien. Nicolas Falez, envoyé spécial de RFI interroge Abou Allah, le gestionnaire égyptien d’un de ces tunnels : « Ici on ne peut pas creuser à plus de 15 mètres de profondeur. S’ils font un mur plus profond que ça, ce sera la mort de Gaza. Il n’y aura plus de nourriture à part les miettes que les israéliens laissent entrer aux points de passage » (voir l’article sur RFI).

Cette mesure permet à l’Egypte de satisfaire son voisin israélien, ainsi que les Etats-Unis qui demandent des garanties concernant la contrebande d’armes entre le Sinaï et la Bande de Gaza. Mais l’Egypte entend également mettre la pression sur le Hamas afin que celui-ci fasse des concessions dans ses négociations pour une réconciliation nationale palestinienne. Le Hamastan mis en place dans la Bande de Gaza représente en outre un voisin déstabilisant dans une Egypte où l’influence des Frères Musulmans ne fait que croître.

Un an après le désastre de l’opération israélienne Plomb durci (Cast Lead), le peuple gazaoui est donc plus que jamais au bord de l’asphyxie. A ce déni d’humanité, quelques belgo-israéliens décident aujourd’hui de rajouter une plainte contre le Hamas pour des tirs de roquettes en provenance de la Bande de Gaza et ayant provoqué blessés et dégâts dans leur village. Une telle action en justice trouve sans doute ses justifications pour les plaignant, mais elle risque d’attirer l’attention des médias et des autorités loin de l’urgence de la situation du peuple gazaoui. Cette action en justice est par ailleurs chapeautée par un lobby pro-israélien en Europe en réponse aux tentatives de traduire les responsables de l’opération Plomb durci devant des tribunaux étrangers (voir article dans La Libre).

Si un an après le massacre de la population de Gaza, les Etats continuent à se perdre en belles paroles sans y joindre les actes, la société civile, elle, se souvient. Ici à Bruxelles, une marche suivie d’une veillée commémorative auront lieu ce dimanche 27.Une marche de solidarité internationale est également organisée : le rendez-vous est donné le dimanche 27 décembre au Caire afin de rassembler les participants qui marcheront alors tous ensemble vers le poste frontière de Rafah qu’ils tenteront de traverser. Bien qu’il en ait été convenu autrement avec les autorités égyptiennes, ces dernières viennent d’annoncer que la frontière resterait fermée.

Pour conclure, laissons la parole à Stéphane Hessel, rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et parrain du Tribunal Russell sur la Palestine. Bien sa visite à Gaza date de juin, son appel garde tout son sens aujourd’hui :

« La vie continue donc à Gaza, grâce à l’incroyable courage de sa population, bien que nul ne se sente à l’abri d’atteintes aériennes, terrestres ou maritimes. Aucun projet de développement n’est sérieusement envisageable, tant que la libre circulation ne sera pas rétablie. C’est la première et la plus urgente des exigences que les démocraties doivent imposer. La survie d’un million et demi d’être humains en dépend. »

(NJO)

Le casse-tête des colonies

•10 décembre 2009 • Laisser un commentaire

Le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahou avait annoncé fin novembre un moratoire de dix mois de la construction au sein des colonies en Cisjordanie. Les Etats-Unis et les puissances occidentales ont salué ce geste, les Palestiniens l’ont considéré comme insignifiant, tandis que de leur côté, les colons se sont littéralement insurgés contre la décision (Le Point « Des milliers d’Israéliens manifestent à Jérusalem contre le gel des colonies»). Pourtant le gel de la construction ne concerne ni les colonies de Jérusalem-Est, ni les 3000 logements en cours de construction. Hier soir, « plus de 10.000 » manifestants étaient présents devant le domicile du Premier Ministre à Jérusalem pour protester contre un acte qu’ils jugent « antisioniste » (Haaretz « More than 10,000 demonstrators rally against settlement freeze»).

Depuis l’annonce du moratoire de nombreux incidents ont déjà eu lieu entre les colons et les forces israéliennes chargées de faire respecter la décision gouvernementale (Guerre ou paix (blog du Monde), « Gel de la colonisation: la tension monte (déjà) entre colons et vérificateurs »). L’association israélienne Shalom Arshav (La paix maintenant) a de son côté révélé que de « fausses fondations » étaient posées afin de contourner le moratoire qui exclut toutes les constructions déjà lancées. Pour calmer les colons juifs de Cisjordanie, Netanyahou n’a de cesse de leur répéter que la construction reprendra après le gel de dix mois (AFP, « Israeli PM: more settlement building after moratorium »).

Outre l’armée, ce sont les voisins palestiniens qui subissent l’ire des colons. Depuis l’annonce des mesures contre la construction dans les colonies de Cisjordanie, les attaques de colons se multiplient sur les champs d’oliviers, d’amandiers et de citronniers palestiniens. Appliquée par les colonies radicales, comme celles de Rasha et Yitzhar , la pratique du « price tag » (trad. prix à payer) sorte de représailles que les colons font subir aux Palestiniens suite aux actions menées par l’armée israélienne sur les colonies sauvages et illégales. Cette pratique est également pour les colons une manière de chasser les Palestiniens de leurs terres afin de pouvoir étendre leur colonie (Le Monde « En Cisjordanie, les champs d’oliviers palestiniens, cibles des colons radicaux »).

Sans ressources face à cet enchaînement de violences et cette occupation rampante, l’Autorité Palestinienne a commencé à mettre en œuvre un boycott des produits venants des colonies. Le porte parole du Ministère des Affaires Etrangères israéliennes a jugé la mesure improductive vis-à-vis des négociations de paix. Si un embargo sur les produits israéliens va à l’encontre des accords établis entre l’AP et Israël, les colonies sont quant à elles considérées comme illégales par le droit international (La presse canadienne, «Les Palestiniens boycottent les produits issus des colonies juives »)

Enfin, dernière nouvelle en date, le gouvernement israélien vient d’annoncer qu’il comptait investir quelque 28 millions de $ dans les colonies de Cisjordanie. Le porte parole du Premier Ministre a déclaré qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une compensation au moratoire de dix mois sur la construction dans les colonies, mais bien d’une mesure prise pour « améliorer le système scolaire, les infrastructures, les moyens de transports et les aides au logement » dans certaines « zones de priorité nationale ». En Cisjordanie, cette aide touchera environ 110 000 Israéliens (Le Monde, « Cisjordanie: 28 millions USD de crédits pour des colonies »).

Pour obtenir une majorité suite aux dernières élections, le Likoud a séduit les petits partis de d’extrême droite par des discours en faveur de la colonisation. Quelques mois après, sous pression des Etats-Unis, Benjamin Netanyahou comprend qu’il ne peut faire autrement que de geler la colonisation en Cisjordanie, ne fut-ce que temporairement. Les colons et leur soutien se sentent donc trahis par un gouvernement qu’ils croyaient acquis à leur cause. Même les mesures financières prévues pour améliorer la situation des colonies ne résoudront pas le casse-tête qui se présente à Netanyahou. Entre le marteau et l’enclume, il est difficile de concevoir la manière dont le Premier Ministre parviendra à conserver un soutien suffisant à la fois sur la scène internationale et sur la scène politique israélienne.(NJO)