Tu me colonises, je te colonise

Tu me colonises, je te colonise
Parcourant l’actualité moyen-orientale, une dépêche de l’Associated Press a attiré mon attention. Intitulé « Emoi à Jérusalem-Est: des Arabes s’installent dans l’implantation juive de Pisgat Zeev » (http://fr.news.yahoo.com/3/20091005/twl-israel-palestiniens-jerusalem-951b410.html), cet article dénote car il traite d’un phénomène à la fois paradoxal et ironique: la colonisation arabe des colonies juives.
La colonie de Pisgat Ze’ev a été fondée en 1982 pour constituer une continuité juive avec la colonie plus ancienne de Neve Yaakov. Elle comptait en 2007 quelques 42.000 habitants, sur lesquels 1300 sont palestiniens. Les Palestiniens sont de plus en plus nombreux à chercher à s’installer dans les zones d’implantation juive pour y trouver de meilleures conditions de vie. Les quartiers arabes de la ville sont en effet délaissés par la municipalité en matière d’accès à l’eau courante, à l’électricité ou de ramassage des ordures. De plus comme l’explique Moukhless Abou el-Hof, avocat arabe israélien qui est propriétaire de son logement à Pisgat Zeev, « Ces zones sont moins peuplées, on peut y vivre dans une maison, il y a des rues, des parcs et des aires de jeux », alors que « dans les quartiers arabes, il n’y a rien… ».
L’occupation de Jérusalem-Est a plusieurs fois intéressé les médias ces temps-ci. Les colons y sont en effet de plus en plus nombreux, appuyés par un gouvernement qui s’est engagé à maintenir Jérusalem capitale éternelle et unifiée de l’Etat d’Israël. Dans la partie Est de Jérusalem, annexée de facto en 1967 par Israël, les Juifs représentent 45% de la population totale (voir la section sur Jérusalem-Est sur le site de l’organisation B’Tselem : http://www.btselem.org/English/Jerusalem/) . La plupart vivent dans des colonies similaires à celle de Pisgat Zeev, d’autres dans des enclaves dans les quartiers arabes de la ville (voir l’histoire de Um Kamel dans le quartier arabe de Sheikh Jerrah, ici sur le site du American Chronicle http://www.americanchronicle.com/articles/view/93731).
Ce qui se déroule à Pisgat Zeev est donc atypique. Alors que tout est fait dans certains quartiers pour chasser la population arabe, certains parviennent par des stratagèmes et des négociations à s’installer dans des colonies juives. Youssef Majtalon, un Palestinien chrétien de 50 ans venu s’installer à Pisgat Zeev avec sa famille note que bien que même si leurs relations avec certains voisins sont devenues chaleureuses malgré des débuts difficiles, le voisinage demeure en grande majorité hostile à leur présence. D’autre part, il considère son installation dans la colonie comme un acte nationaliste, et apporte ainsi son aide aux nouveaux arrivants arabes qui désirent y trouver un logement.
L’exemple des nouveaux habitants de Pisgat Zeev montre une nouvelle facette de la réalité démographique à Jérusalem-Est. La question du statut de la ville trois fois sainte est souvent reléguée pour un éventuel second round de négociations. Jérusalem-Est est physiquement asphyxiée entre Jérusalem Ouest juif, un chapelet de colonie qui lui bloque tout lien avec la Cisjordanie et de plus en plus de bastions de colons en son sein.  A cet encerclement physique, s’ajoute une politique d’exclusion de la population palestinienne de Jérusalem. Si la communauté internationale continue à reporter sans cesse les négociations sur le statut de la ville, sa partie Est terminera sans nul doute de facto assimilée à Israël. (NJO)Parcourant l’actualité moyen-orientale, une dépêche de l’Associated Press a attiré mon attention. Intitulé « Emoi à Jérusalem-Est: des Arabes s’installent dans l’implantation juive de Pisgat Zeev » (http://fr.news.yahoo.com/3/20091005/twl-israel-palestiniens-jerusalem-951b410.html), cet article dénote car il traite d’un phénomène à la fois paradoxal et ironique: la colonisation arabe des colonies juives.

Parcourant l’actualité moyen-orientale, une dépêche de l’Associated Press a attiré mon attention. Intitulé « Emoi à Jérusalem-Est: des Arabes s’installent dans l’implantation juive de Pisgat Zeev », cet article dénote car il traite d’un phénomène à la fois paradoxal et ironique: la colonisation arabe des colonies juives.

La colonie de Pisgat Ze’ev a été fondée en 1982 pour constituer une continuité juive avec la colonie plus ancienne de Neve Yaakov. Elle comptait en 2007 quelques 42.000 habitants, sur lesquels 1300 sont palestiniens. Les Palestiniens sont de plus en plus nombreux à chercher à s’installer dans les zones d’implantation juive pour y trouver de meilleures conditions de vie. Les quartiers arabes de la ville sont en effet délaissés par la municipalité en matière d’accès à l’eau courante, à l’électricité ou de ramassage des ordures. De plus comme l’explique Moukhless Abou el-Hof, avocat arabe israélien qui est propriétaire de son logement à Pisgat Zeev, « Ces zones sont moins peuplées, on peut y vivre dans une maison, il y a des rues, des parcs et des aires de jeux », alors que « dans les quartiers arabes, il n’y a rien… ».

L’occupation de Jérusalem-Est a plusieurs fois intéressé les médias ces temps-ci. Les colons y sont en effet de plus en plus nombreux, appuyés par un gouvernement qui s’est engagé à maintenir Jérusalem capitale éternelle et unifiée de l’Etat d’Israël. Dans la partie Est de Jérusalem, annexée de facto en 1967 par Israël, les Juifs représentent 45% de la population totale (voir la section sur Jérusalem-Est sur le site de l’organisation B’Tselem). La plupart vivent dans des colonies similaires à celle de Pisgat Zeev, d’autres dans des enclaves dans les quartiers arabes de la ville (voir l’histoire de Um Kamel dans le quartier arabe de Sheikh Jerrah, ici sur le site du American Chronicle).

Ce qui se déroule à Pisgat Zeev est donc atypique. Alors que tout est fait dans certains quartiers pour chasser la population arabe, certains parviennent par des stratagèmes et des négociations à s’installer dans des colonies juives. Youssef Majtalon, un Palestinien chrétien de 50 ans venu s’installer à Pisgat Zeev avec sa famille note que bien que même si leurs relations avec certains voisins sont devenues chaleureuses malgré des débuts difficiles, le voisinage demeure en grande majorité hostile à leur présence. D’autre part, il considère son installation dans la colonie comme un acte nationaliste, et apporte ainsi son aide aux nouveaux arrivants arabes qui désirent y trouver un logement.

L’exemple des nouveaux habitants de Pisgat Zeev montre une nouvelle facette de la réalité démographique à Jérusalem-Est. La question du statut de la ville trois fois sainte est souvent reléguée pour un éventuel second round de négociations. Or Jérusalem-Est est physiquement asphyxiée entre Jérusalem Ouest juif, un chapelet de colonies qui la bloque de tout lien avec la Cisjordanie et de plus en plus de bastions de colons juifs en son sein.  Et à cet encerclement physique, s’ajoute une politique d’exclusion de la population palestinienne de Jérusalem. Si la communauté internationale continue à reporter sans cesse les négociations sur le statut de la ville, sa partie Est terminera sans nul doute de facto assimilée à Israël. (NJO)

~ par natjanne sur 14 octobre 2009.

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