Reconstruction d’une opposition en Egypte

Reconstruction d’une opposition en Egypte
Mercredi passé 14 octobre 2009, le leader de l’opposition égyptienne Ayman Nour a annoncé publiquement la mise en place d’une campagne contre la passation du pouvoir présidentiel de Hosni Moubarak à son fils, Gamal. Ses mots sont clairs : « Notre constitution est celle d’une république, non d’un royaume. Cette campagne a pour but de confronter cet Etat irrégulier… illogique, où un Président pressenti exerce déjà toutes les fonctions présidentielles ». Le mouvement s’appelle Mayehkomsh (trad. « Qui vous a donné le droit ? ») et a été lancé au centre ville du Caire en présence d’un public issu de l’opposition, parmi lequel de nombreux membres des Frères Musulmans.  Ayman Nour a néanmoins précisé qu’il s’agissait davantage d’une bataille contre le système politique, qu’une campagne contre Gamal Moubarak (voir article sur BBC news, Egypt groups target Mubarak son http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/8308479.stm ).
Fondateur du Hizb al Ghad (trad. Le parti de demain), Ayman Nour fut le principal concurrent du Président Moubarak aux dernières élections présidentielles, ayant amassé un million de voix. Neuf mois avant les élections, le leader de l’opposition s’était vu retirer son immunité parlementaire et mettre en prison. Libéré pour la période des élections grâce à des soutiens internationaux et une campagne de la faim entamée en prison, il est ensuite réincarcéré décembre 2005 pour avoir fait usage de faux, accusation qu’il a toujours rejeté avec force. Libéré le 18 février dernier par grâce présidentielle pour des raisons de santé, il n’a pas repris la présidence de son parti mais travaille à le reconstruire. Il lui est désormais interdit de se présenter au vu de son passé judicaire.
Mayehkomsh rappelle furieusement le mouvement Kefaya, qui né au en 2004 avait appelé au boycott total du scrutin de 2005. Depuis le mouvement a perdu en puissance d’une part de la peur de la répression étatique, d’autre part et surtout parce qu’il était composé d’individus et de groupes aux tendances et aux agendas différents. Un même destin semble guetter la campagne Mayehkomsh au vu des paroles du neveu de l’ancien Président Anouar El-Sadate (rapportées par dans l’article « New Egypt front opposes father-son succession http://www.jpost.com/servlet/Satellite?pagename=JPost/JPArticle/ShowFull&cid=1255547723122 » du quotidien israélien Jerusalem Post) : C’est une campagne qui exprime l’opinion d’une majorité d’Egyptiens », mais « Il y a beaucoup de conflits d’opinion en son sein. Ce sera dur de se mettre d’accord sur ce qui doit être fait ».
Cette résurrection de l’opposition égyptienne,  bien que fébrile, donne l’espoir d’un changement en Egypte. Le pays est gouverné depuis 1981 par Mohammed Hosni Moubarak et la population subit de plus en plus les effets néfastes de cette présidence à vie. Aux signes d’une éventuelle succession « à la syrienne » de Moubarak à son fils, la société civile égyptienne semble réagir. D’autre part, on a appris hier que l’actuel Secrétaire Général de la Ligue Arabe, Amr Moussa n’excluait pas de se présenter aux futures présidentielles de 2011 (voir dépêche de l’AFP http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j2ofa8TwBKYVp0aoLH9JXu45HFZw). Si la pression vient simultanément de la société civile et de concurrents sérieux, et qu’à cela se rajoute peut-être une pression internationale, peut-être Moubarak envisagera-t-il de se retirer. Peut-être.
Ayman Nour

Ayman Nour

Mercredi passé 14 octobre, le leader de l’opposition égyptienne Ayman Nour a annoncé publiquement la mise en place d’une campagne contre la passation du pouvoir présidentiel de Hosni Moubarak à son fils, Gamal. Ses mots sont clairs : « Notre constitution est celle d’une république, non d’un royaume. Cette campagne a pour but de confronter cet Etat irrégulier… illogique, où un Président pressenti exerce déjà toutes les fonctions présidentielles ». Le mouvement s’appelle Mayehkomsh (trad. « Qui vous a donné le droit ? ») et a été lancé au centre ville du Caire en présence d’un public issu de l’opposition, parmi lequel de nombreux membres des Frères Musulmans.  Ayman Nour a néanmoins précisé qu’il s’agissait davantage d’une bataille contre le système politique, qu’une campagne contre Gamal Moubarak (voir article sur BBC news, Egypt groups target Mubarak son).

Fondateur du Hizb al Ghad (trad. « Le parti de demain« ), Ayman Nour fut le principal concurrent du Président Moubarak aux dernières élections présidentielles, réussissant à amasser un million de voix. Neuf mois avant les élections, le leader de l’opposition s’était fait retirer son immunité parlementaire et mettre en prison. Libéré pour la période des élections grâce à des soutiens internationaux et une campagne de la faim entamée en prison, il est ensuite réincarcéré en décembre 2005 pour avoir fait usage de faux, accusation qu’il a toujours rejeté avec force. Libéré le 18 février dernier par une grâce présidentielle pour des raisons de santé, il n’a pas repris la présidence de son parti mais travaille à le reconstruire. En outre, il lui est désormais interdit de se présenter au vu de son passé judicaire.

Mayehkomsh rappelle furieusement le mouvement Kifaya (trad. « Assez« , « ça suffit« ), qui né au en 2004 avait appelé au boycott total du scrutin de 2005. Depuis le mouvement a perdu en puissance d’une part à cause de la peur de la répression, d’autre part parce qu’il était composé d’individus et de groupes aux tendances et aux agendas très différents. Un même destin semble guetter la campagne Mayehkomsh au vu des paroles du neveu de l’ancien Président, Anouar Esmat Sadate (rapportées par dans l’article « New Egypt front opposes father-son succession » du quotidien israélien Jerusalem Post) :  » C’est une campagne qui exprime l’opinion d’une majorité d’Egyptiens », mais « Il y a beaucoup de conflits d’opinion en son sein. Ce sera dur de se mettre d’accord sur ce qui doit être fait ».

Cette résurrection de l’opposition égyptienne,  bien que fébrile, donne l’espoir d’un changement en Egypte. Le pays est gouverné depuis 1981 par Mohammed Hosni Moubarak et la population subit de plus en plus les effets néfastes de cette présidence à vie. Aux signes d’une éventuelle succession « à la syrienne » de Moubarak à son fils, la société civile égyptienne semble réagir. Par ailleurs, on a appris hier que l’actuel Secrétaire Général de la Ligue Arabe, Amr Moussa n’excluait pas de se présenter aux futures présidentielles (voir dépêche de l’AFP). Si la pression vient simultanément de la société civile et de concurrents sérieux, et qu’à cela se rajoutent quelques pressions internationales, peut-être Moubarak envisagera-t-il de se retirer en 2011. Peut-être. (NJO)

~ par natjanne sur 21 octobre 2009.

Une Réponse to “Reconstruction d’une opposition en Egypte”

  1. […] algérien. De plus en plus critiqués pour leurs lacunes en terme de démocratie (voir article sur Reconstruction d’une opposition en Egypte), ils accueillent voire favorisent ce genre de diversion. Cet avis est partagé par un bloggeur […]

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