Il était une fois Barack Obama…

… Qui voulait établir la paix au Moyen-Orient.

Obama4 novembre 2009 : voici un an que Barack Obama a été élu, un an aussi qu’il porte sur ses épaules non seulement les espoirs de changement d’une nation mais aussi ceux du monde. Après les huit années catastrophiques de la présidence Bush, une région avait particulièrement besoin de ces changements : le Moyen-Orient.

Comme dans toutes les histoires, le héros a une quête à accomplir : Barack Obama doit trouver les conditions de la paix au Moyen-Orient. Pour mener à bien cette quête, il bénéficie d’adjuvants qui l’aideront et d’opposants qui l’entraineront sur les mauvais chemins.

Ainsi le prix Nobel pour la paix accordé à Barack Obama « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples » peut être vu, au départ, comme un adjuvant.

Moins connu, le nouveau lobby Juif J-Street est également à ranger dans les soutiens à la quête de notre héros. Fondé en avril 2008 il a tenu dimanche passé son premier Congrès à Washington. J-Street se définit comme le « bras politique du mouvement pour Israël et pour la paix ». Son but est de promouvoir un changement de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient et de concurrencer la pression du tout-puissant lobby juif AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), réputé très à droite.

Dans le quotidien israélien Haaretz, Sara Miller interroge l’efficacité du nouveau lobby. Elle souligne que J-Street est plus proche de la position de Barack Obama sur le Moyen-Orient, mais que pour concurrencer l’AIPAC , il est également nécessaire que les Américains en général désapprouvent les positions dures du gouvernement israélien. Ce qui ne semble pas encore être le cas.

Du côté des opposants, outre l’AIPAC, l’élection d’Obama a coïncidé avec l’attaque israélienne sur Gaza et la subséquente élection de Benjamin Netanyahou au poste de Premier Ministre en Israël. Très orienté à droite, voire à l’extrême droite, son gouvernement s’oppose catégoriquement à tout gel, même momentané de la colonisation en Cisjordanie. Le Premier Ministre s’est souvent d’ailleurs retrouvé en difficulté car incapable de concilier cette position avec le gel temporaire qu’exigeait l’administration Obama ces derniers mois.

Les opposants sont malheureusement très convaincants au vu de la récente volte-face de la secrétaire d’Etat américaine.  Hillary Clinton s’est en effet rangée sur la position israélienne concernant les colonies de peuplement : alors que l’Autorité Palestinienne en exigeait un gel total comme préalable à toute négociation, la secrétaire d’Etat a appelé à une reprise sans conditions des pourparlers de paix. La stratégie américaine seraient d’avancer dans le processus de paix et d’attendre la phase finale des négociations pour mettre un terme aux activités de colonisation (voir article de l’Express sur la visite d’Hillary Clinton au Caire).

Face à un telle stratégie, on est en droit de s’interroger d’une part sur ce qui restera comme territoire aux Palestiniens à la fin des négociations , d’autre part sur ce que vaudraient des négociations si l’Autorité Palestinienne perd toute crédibilité par rapport à son peuple. Le Professeur Said Zeidani de l’Université de Bir Zeit explique au site d’information israélo-palestinien Bitterlemons que ce revirement américain constitue une véritable insulte vis-à-vis de Mahmoud Abbas et met de surcroit en danger une unité palestinienne déjà ébranlée. On ne peut donc qu’espérer que le Président de l’Autorité Palestinienne maintienne fermement sa position.

Durant ce premier épisode, notre héros a donc en quelque sorte pu prendre la mesure de ses adjuvants et de ses opposants. Le prix Nobel reçu aurait sans doute du être la récompense une fois la quête accomplie, aujourd’hui il donne l’impression d’une couronne un peu encombrante pour notre héros. Le vaillant J-Street est quant à lui plein de fougue, mais manque encore d’expérience face au géant AIPAC. Quant à notre héros, peut-être épuisé par sa première année au pouvoir, il semble ne plus écouter les bonnes personnes. Les adjuvants parviendront-ils à le ramener sur le bon chemin? Barack Obama parviendra-t-il à une paix au Moyen-Orient ? La suite au prochain épisode. (NJO)

~ par natjanne sur 4 novembre 2009.

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