Israël-Palestine : Possible renforcement de la position de l’UE

La Suède veut-t-elle marquer le coup avant de quitter la Présidence de l’Union Européenne ? Le 7 décembre prochain, elle soumettra en effet à l’approbation des autres membres de l’UE un document encourageant à trouver une solution concernant le statut de la ville de Jérusalem comme capitale de deux Etats. Selon un article du quotidien israélien Haaretz, le document en question présuppose également un soutien probable de l’UE à un futur Etat palestinien auto-proclamé.

Une initiative qui fait peur à Israël

La chef de l’opposition Tzipi Livni a interpellé le Minsitre suédois des Affaires Etrangères, Carl Bildt, afin de le convaincre d’abandonner le projet (voir article dans Haaretz). Selon elle, une telle position mettrait en danger la capacité de l’UE d’agir en tant que médiateur dans le conflit israélo-palestinien. Le blog « Guerre ou paix » du Monde conclut quant à lui le sujet en se demandant si cette « capacité » a un jour existé.

Dans le Guardian, le psychologue Carlo Strenger critique la possible prise de position de l’UE qu’il associe à la volonté sans cesse répétée par le Premier Ministre Salam Fayyad de déclarer unilatéralement un Etat palestinien sur les frontières de 1967.

Selon lui, adopter une telle attitude ne ferait qu’encourager les extrémistes des deux camps, et nourrirait les craintes israéliennes. Parmi les craintes les plus souvent mentionnées par les Israéliens, celle de voir une Cisjordanie indépendante se transformer en un nouveau Gaza. Comme l’écrit Carlo Strenger, « tous les plus grands centres de populations d’Israël seront à portée de Katioucha » une fois la Cisjordanie laissée au contrôle palestinien. Mais faut-il lui rappeler que Sharon a opéré un retrait unilatéral de la Bande de Gaza en 2005, sans concerter l’Autorité Palestinienne ? D’un autre côté, une Autorité Palestinienne qui autoproclamerait un Etat palestinien indépendant jouirait automatiquement d’un soutien populaire plus grand, au détriment du Hamas.

Cependant, au vu des derniers développements de la politique extérieure de l’UE dans la région, Israël n’a rien à craindre. L’attaque israélienne sur Gaza n’a fait que postposé la signature d’un acccord de renforcement des relations de l’UE avec Israël. D’autre part, le rôle de l’Union Européenne dans le processus de paix s’amenuise d’année en année. Un espoir existe néanmoins : un renouveau de la politique extérieure de l’UE grâce aux changements du Traité de Lisbonne et à la personnalité encore inconnue de Catherine Ashton, la nouvelle responsable de la diplomatie européenne.

Un rapport dérangeant

Parallèlement à cette initiative suédoise, les consuls européens en poste auprès de l’Autorité Palestinienne ont rendu public un rapport dénonçant la politique mise en place à Jérusalem-Est par Israël. L’article d’Haaretz explique que les diplomates européens écrivent et mettent chaque année à jour un tel rapport, mais que des pressions israéliennes empêchent généralement l’Union Européenne de le divulguer au grand public « parce que sa publication saperait un peu plus l’opinion déjà négative du public européen vis-à-vis d’Israël ».

Mais cette fois-ci, la situation à Jérusalem s’est aggravée puisque 4 577 Palestiniens de Jérusalem-Est se sont vu retirer leur permis de résidence en 2008, alors que ce chiffre n’était que de 8 558 pour les quarante dernières années. Selon Haaretz, ce n’est que la conséquence d’une politique de contrôle plus sévère, mise en place par le précédent ministre de l’Intérieur Mer Sheetrit (Kadima). Les investigations auraient découverts que de nombreux Palestiniens listés ne résidaient plus à Jérusalem-Est.  L’association israélienne pour les Droits de l’Homme, B’tselem, accuse quant à elle l’Etat israélien d’être à la fois juge et partie, et de délibérément restreindre le nombre de Palestiniens à Jérusalem par tous les moyens à sa disposition (refus de permis de résidence, mur et colonies séparant Jérusalem-Est de la Cisjordanie… ).

La coïncidence de la volonté suédoise et du rapport des consuls européens n’en est pas une. Elle est le résultat logique d’une politique israélienne ségrégative appliquée depuis longtemps à Jérusalem, et passée cette année à la vitesse supérieure. L’adoption du texte suédois par l’ensemble des membres de l’UE serait, non seulement une réaffirmation du droit international et des droits inaliénables du peuple palestinien, mais aussi une première démonstration de la nouvelle politique extérieure renforcée de l’UE. (NJO)

~ par natjanne sur 3 décembre 2009.

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