Gaza : un an après

Alors que les habitants de la Bande de Gaza sont toujours sous blocus israélien un an après l’attaque de Tsahal sur le territoire, l’Egypte augmente la pression sur le gouvernement du Hamas tandis qu’une dizaine d’Israéliens d’origine belge portent plainte contre le parti islamiste devant la Justice belge.

Le 27 décembre 2008, l’armée israélienne lançait une offensive meurtrière sur la Bande de Gaza qui dura vingt-trois jours de pilonnage intensif, et se solda par plus de 1300 victimes palestiniennes dont 410 enfants et 104 femmes (données de l’organisation israélienne pour les Droits de l’Homme B’Tselem ). Un an après, la situation n’a pas changé : le blocus israélien de la Bande est toujours de mise et s’applique également au ciment, ce qui empêche la population de reconstruire les infrastructures détruites.

Le 9 décembre dernier, le quotidien israélien Haaretz annonçait que l’Egypte avait entrepris la construction d’un mur sur dix des quinze kilomètres de sa frontière avec la Bande de Gaza. Ce mur serait composé de plaques d’acier pouvant s’enfoncer jusqu’à 20 m sous terre (voir article du Figaro). Ces tunnels sont pourtant la seule manière pour les Gazaouis de contourner le blocus israélien. Nicolas Falez, envoyé spécial de RFI interroge Abou Allah, le gestionnaire égyptien d’un de ces tunnels : « Ici on ne peut pas creuser à plus de 15 mètres de profondeur. S’ils font un mur plus profond que ça, ce sera la mort de Gaza. Il n’y aura plus de nourriture à part les miettes que les israéliens laissent entrer aux points de passage » (voir l’article sur RFI).

Cette mesure permet à l’Egypte de satisfaire son voisin israélien, ainsi que les Etats-Unis qui demandent des garanties concernant la contrebande d’armes entre le Sinaï et la Bande de Gaza. Mais l’Egypte entend également mettre la pression sur le Hamas afin que celui-ci fasse des concessions dans ses négociations pour une réconciliation nationale palestinienne. Le Hamastan mis en place dans la Bande de Gaza représente en outre un voisin déstabilisant dans une Egypte où l’influence des Frères Musulmans ne fait que croître.

Un an après le désastre de l’opération israélienne Plomb durci (Cast Lead), le peuple gazaoui est donc plus que jamais au bord de l’asphyxie. A ce déni d’humanité, quelques belgo-israéliens décident aujourd’hui de rajouter une plainte contre le Hamas pour des tirs de roquettes en provenance de la Bande de Gaza et ayant provoqué blessés et dégâts dans leur village. Une telle action en justice trouve sans doute ses justifications pour les plaignant, mais elle risque d’attirer l’attention des médias et des autorités loin de l’urgence de la situation du peuple gazaoui. Cette action en justice est par ailleurs chapeautée par un lobby pro-israélien en Europe en réponse aux tentatives de traduire les responsables de l’opération Plomb durci devant des tribunaux étrangers (voir article dans La Libre).

Si un an après le massacre de la population de Gaza, les Etats continuent à se perdre en belles paroles sans y joindre les actes, la société civile, elle, se souvient. Ici à Bruxelles, une marche suivie d’une veillée commémorative auront lieu ce dimanche 27.Une marche de solidarité internationale est également organisée : le rendez-vous est donné le dimanche 27 décembre au Caire afin de rassembler les participants qui marcheront alors tous ensemble vers le poste frontière de Rafah qu’ils tenteront de traverser. Bien qu’il en ait été convenu autrement avec les autorités égyptiennes, ces dernières viennent d’annoncer que la frontière resterait fermée.

Pour conclure, laissons la parole à Stéphane Hessel, rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et parrain du Tribunal Russell sur la Palestine. Bien sa visite à Gaza date de juin, son appel garde tout son sens aujourd’hui :

« La vie continue donc à Gaza, grâce à l’incroyable courage de sa population, bien que nul ne se sente à l’abri d’atteintes aériennes, terrestres ou maritimes. Aucun projet de développement n’est sérieusement envisageable, tant que la libre circulation ne sera pas rétablie. C’est la première et la plus urgente des exigences que les démocraties doivent imposer. La survie d’un million et demi d’être humains en dépend. »

(NJO)

~ par natjanne sur 24 décembre 2009.

Une Réponse to “Gaza : un an après”

  1. Lundi 28 décembre, la marche de solidarité avec Gaza est bloquée au Caire. Voir article du Figaro : « L’Egypte s’oppose à une marche pour Gaza » http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/26/01003-20091226ARTFIG00014-l-egypte-s-oppose-a-une-marche-pour-gaza-.php

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