Charles Michel contrarié, l’Europe endormie

Charles Michel, Ministre belge de la Coopération au Développement

Quand la goutte de trop tombera-t-elle entre Israël et l’Union Européenne? Quand l’Europe parviendra-t-elle enfin à une position de politique étrangère en cohérence avec sa politique d’aide au développement ? Le weekend passé, le Ministre belge de la coopération au Développement Charles Michel s’est vu refuser l’accès à la Bande de Gaza dans laquelle il comptait se rendre lors de son séjour au Proche-Orient. Les autorités israéliennes ont déjà réservé ce sort à de nombreux officiels, dont le Ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, ou encore le représentant du Quartet au Proche-Orient, Tony Blair.

Contrarié, Charles Michel a déclaré qu’il tenait «  à protester contre cette mesure contraire au droit international. La Coopération belge finance également des projets à Gaza et ceux-ci sont interrompus depuis l’opération “Plomb durci” (l’invasion de la Bande par l’armée israélienne en janvier 2009)»(voir article de Serge Dumont dans le Soir, 25/1/2010). Le gouvernement israélien a justifié son geste par la crainte que la visite de représentants d’Etats donateurs ne fasse l’objet d’une récupération politique par le Hamas.

Dimanche, lors de sa rencontre entre le vice Ministre israélien des Affaires Etrangères, Danny Ayalon,  Charles Michel a gardé une position ferme bien que selon lui, l’entretien se soit déroulé « dans une atmosphère de respect mutuel».

La Belgique apporte son aide à la Bande de Gaza via deux agences de l’ONU, l’UNRWA et l’OCHA. Ce fait permet en outre, et une nouvelle fois, de rappeler que Gaza ne reçoit plus que 20% du volume des convois humanitaires qu’elle recevait avant l’opération Plomb durci. (voir article de Renée-Anne Gutter dans La Libre Belgique, 25/1/2010). Or avant les événements de l’hiver 2009-2010, Israël imposait déjà un blocus assez contraignant au territoire côtier.

Christophe Giltay le souligne dans  son reportage sur RTL, « en matière diplomatique, l’Europe n’est pour l’instant qu’un colosse aux pieds d’argile » (voir la vidéo sur le site RTL Info,  24/1/2010). De son côté, Vincent Slits écrit (voir édito de la Libre Belgique, 25/1/2010) que l’UE «  doit user de son influence à court terme pour forcer la réouverture des couloirs humanitaires vers Gaza. C’est l’urgence du moment. Et à plus long terme tenter de remettre les interlocuteurs autour de la table dans le cadre d’un processus de paix durable ».

Le Ministre belge a déclaré qu’il comptait rendre compte de ses griefs au gouvernement belge ainsi qu’au Conseil des ministres européens lorsque la Belgique assurera la présidence de l’UE.  Mais quel accueil sa proposition va-t-elle recevoir, pourra-t-il convaincre les 27 ? Cela débouchera-t-il un jour sur des mesures concrètes ? L’UE représente depuis longtemps le plus important bailleur de fonds du processus de paix, mais semble résignée à débourser sans mot dire. (NJO)

~ par natjanne sur 26 janvier 2010.

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