Les Marchands de sang : Projet Liban Mouvement #3

La compagnie Arcinolether présente en ce moment à l’Atelier 210, le troisième mouvement de sa recherche théâtrale en sept mouvements, intitulée Projet Liban. Les Marchands de sang revisitent les conflits des dernières décennies qui ont secoué le Moyen-Orient et évoquent les jeux hypocrites auxquels s’y livrent les dirigeants du monde.

Peut-être un peu trop dense et rapide pour des non-initiés, les Marchands de sang laissent néanmoins au public un vrai sentiment d’impuissance et d’injustice. Le Moyen-Orient apparaît tiraillé par des forces incontrôlables qui prennent leurs racines aux quatre coins du monde. La grande meurtrière est sans conteste l’industrie des armes, qui à elle seule pousse les chefs d’Etat à de froids calculs politiques, peu soucieux des centaines, voire milliers de morts qu’ils engendrent.

Les premiers mots prononcés sur la scène poussent à une réflexion sur cet exercice illégitime de la violence, sur le terrorisme d’Etat. Bien plus meurtrière que sa variante civile, cette forme de terrorisme est souvent tue par les médias. Le terrorisme dont le but est d’inspirer la crainte est pourtant utilisé sans relâche par les gouvernements à des fins économiques et géopolitiques.

Du spectacle qui tient le spectateur sous tension pendant une heure, personne ne sort blanchi. Revisitant les médias et les discours des trente-cinq dernières années, les Marchands de sang désignent à la fois le syrien Hafez Al-Assad, l’Ayatollah Khomeiny, le français Valéry Giscard d’Estaing, et les américains Jimmy Carter et Ronald Reagan.

Participant lui aussi à ce jeu compliqué des puissances au Moyen-Orient, Saddam Hussein manque de lucidité en 1990 lorsqu’il envahit le Koweit. Mais cela méritait-il que le monde entier se retourne contre celui qui durant la décennie précédente avait défendu les intérêts de l’Occident contre la nouvelle république islamique iranienne ? Les marchands de sang ont trouvé leur bouc émissaire, celui qui les lavera de tout soupçon et leur permettra de continuer à alimenter les conflits qui déchirent le Moyen-Orient par des ventes d’armes en hausse constante.

La compagnie Arcinolether et son metteur en scène Christophe Cotteret nous ouvre les sens sur une actualité sanglante que nous n’interrogeons plus assez. Les Marchands de sang étant le troisième opus d’une recherche en sept mouvements, Projet Liban promet encore une belle évolution. (NJO)


Les Marchands de sang : Projet Liban Mouvement #3 à l’Atelier 210 du 16 au 27 février 2010, à 20h30.

~ par natjanne sur 21 février 2010.

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