L’occupation israélienne et la responsabilité des entreprises

Ken Loach, parrain du Tribunal Russell sur la Palestine

Si le conflit israélo-palestinien est indubitablement un sujet controversé, nécessitant maintes précautions dans le discours afin de n’être taxé ni de pro, ni d’anti, le droit international est souvent le terrain sur lequel tout le monde s’accorde en définitive. Telle est la réflexion ayant mené à la création du Tribunal Russell sur la Palestine en mars 2009. L’idée était de créer un tribunal d’opinion destiné à réaffirmer la primauté du droit international comme base de règlement du conflit israélo-palestinien, mais également à  identifier les manquements à l’application de ce droit et à en condamner tous les auteurs devant l’opinion publique internationale.

Après une première session à Barcelone sur la complicité et les manquements de l’UE et ses Etats membres vis-à-vis de l’occupation israélienne des Territoires Palestiniens,  la session de Londres s’attaquera ce weekend aux responsabilités des entreprises dans les violations des droits humains et du droit international humanitaire commises par Israël. Le sujet est vaste, mais beaucoup plus flou que celui traité à Barcelone, puisque les entreprises ne sont pas sujettes au droit international public.

Par contre les entreprises sont sensibles à leur image de marque. Le but de cette session est donc de mettre en lumière les activités d’entreprises qui permettent à l’occupation de subsister, et d’établir dans un second temps les actions légales qui peuvent être menées afin d’y mettre un terme.

Dans le cadre du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), plusieurs entreprises ont déjà été mises sous les feus des projecteurs pour leur participation directe ou indirecte à l’occupation israélienne. En Belgique, une action a été menée contre la banque DEXIA, spécialisée dans le financement des collectivités, afin qu’elle se désinvestisse des municipalités israéliennes établies illégalement dans les Territoires Palestiniens. En France, Veolia a été assignée en justice par des associations pour son implication dans la construction d’un tramway reliant Jérusalem-Ouest  aux colonies israéliennes encerclant Jérusalem-Est, qui enfreint les dispositions des Conventions de Genève de 1949. Et plus récemment, Caterpillar a décidé de reporter la livraison de bulldozers D9 à l’armée israélienne à la fin du procès Rachel Corrie. Rachel Corrie était une activiste américaine, morte en 2003 dans la bande de Gaza, écrasée par un de ces bulldozers.

Ces trois entreprises ont été obligées de prendre en compte ces revendications, et cela principalement de peur d’une mauvaise publicité. La violation du droit international n’est donc pas encore banalisée et le droit international reste un référent commun à tous les peuples. En dévoilant les complicités et les responsabilités des uns et des autres dans les violations par Israël de ce même droit, le Tribunal Russell ne reste néanmoins qu’au stade des mots. Mais il fournit autant de pistes d’actions que toute personne, organisation ou pays peut ensuite décider de mettre en œuvre. (NJO)

Initialement publié par l’Institut MEDEA (Edito du 19/11/2010)

Regardez la session de Londres du Tribunal Russell sur la Palestine en LIVE ONLINE :

http://www.ustream.tv/flash/live/1/6302209?v3=1

~ par natjanne sur 20 novembre 2010.

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