Ce que nous apprennent les Palestine Papers

Dimanche soir, la chaine satellitaire Al Jazeera, ainsi que le quotidien anglais The Guardian révélait au grand jour quelque 1600 documents secrets, portant sur les négociations entre l’Autorité Palestinienne et Israël. Ces derniers dévoilent certaines propositions faites par l’AP, et d’autres vérités dérangeantes pour le gouvernement palestinien déjà en mal de légitimité.

Durant le cycle de négociations dit d’ « Annapolis », l’AP aurait ainsi offert à Israël de conserver toutes les colonies israéliennes autour de Jérusalem-Est, excepté celle de Har Homa. L’AP aurait également accepté un renoncement partiel au droit au retour, acceptant une limitation à 10.000 réfugiés, étalés sur dix ans.  Par ailleurs, certains officiels palestiniens auraient été avertis préalablement de l’attaque israélienne sur Gaza in 2008.

En dehors de la teneur de ces propositions, que nous apprennent réellement les Palestine Papers ?

Tout d’abord, ils révèlent l’extrême faiblesse de l’Autorité Palestinienne qui entre en négociation même avec des assises très faibles. L’acceptation d’un tel accord par le peuple palestinien semble par ailleurs difficile à imaginer. Les Palestine Papers montrent une réelle déconnexion entre l’AP et la société civile palestinienne. Alors que des organisations palestiniennes et israéliennes luttent contre la colonisation rampante de Jérusalem-Est, l’AP semble concéder à Israël ce que le chef négociateur palestinien Saeb Erekat appelle « le plus grand Jérusalem de l’histoire juive ».

Deuxièmement, il faut lire que les négociateurs israéliens ont refusé ces propositions, les jugeant insuffisantes. Le gouvernement était pourtant issu d’une coalition menée par Kadima, un parti qui aujourd’hui tente de se présenter comme le partenaire le plus acceptable pour des négociations. Le gouvernement israélien aime a répéter qu’il ne peut négocier, faute de partenaire. Les Palestine Papers démentent cet argument.
Troisièmement, la concession par l’AP de la majorité des colonies israéliennes de Jérusalem-Est, voire de certains quartiers de la partie arabe de la ville (voir carte sur le blog « Guerre ou paix » du Monde), rappelle que la situation y est de plus en plus alarmante.  Comme l’avait déjà relevé le rapport écrit par les chefs de missions européennes en poste à Jérusalem-Est (disponible dans sa version  intégrale sur le site de la BBC), la judaïsation de Jérusalem-Est entraine de facto un changement de nature de cette partie de la ville, y rendant de quasiment impossible l’établissement de la capitale du futur Etat palestinien.

Les Palestine Papers ne raconte rien de nouveau donc pour qui est bien informé, mais rappelle l’urgence d’un changement de politique de la part de la communauté internationale. Les pressions sur l’AP afin qu’elle reprenne les négociations, ne feront qu’empirer la situation. Les déclarations sans conséquences n’empêcheront jamais la continuation de la colonisation. (NJO)

Initalement publié comme édito sur le site de l’Institut MEDEA, 28 janvier 2011.

~ par natjanne sur 28 janvier 2011.

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