Les implications d’une reconnaissance de l’Etat palestinien

Alors que Mahmoud Abbas était reçu ce jeudi par son homologue français,  Nicolas Sarkozy, le débat est relancé sur la reconnaissance internationale d’un Etat de Palestine. Le porte-parole de la France auprès de Nations-Unies a  en effet déclaré que cette question était régulièrement abordée au sein des institutions européennes, et beaucoup désigne la prochaine Assemblée Générale des Nations-Unis comme une éventuelle date butoir. Néanmoins alors les soutiens à cette initiative se multiplient, la question de la pertinence de cette reconnaissance doit néanmoins être posée.

A la fin de l’année 2010, l’actualité internationale avait été marquée par la reconnaissance par de nombreux pays d’Amérique latine d’un Etat de Palestine au sein des frontières de 67. La démarche provient d’une demande de l’Autorité palestinienne et semble s’inscrire en soutien au projet du Premier ministre Salam Fayyad de l’établissement de facto d’un Etat palestinien en 2011.

Cette semaine, une opinion parait par ailleurs dans Al Jazeera et avance des arguments contre les plans de l’Autorité palestinienne. Ali Abunimah, co-fondateur du site d’information en ligne The Electronic Intifada, n’y voit rien de moins qu’ « une stratégie du désespoir de la part d’une direction palestinienne qui a épuisé toutes ses options, a perdu sa légitimité, et est devenue un obstacle sérieux sur la voie des Palestiniens pour reconquérir leurs droits ». Comme il le souligne, des Etats indépendants comme le Liban et la Syrie n’ont pas davantage réussi à entrainer une quelconque pression sur Israël. D’autre part, reconnaitre un Etat embryonnaire et fragmenté telle que se trouve aujourd’hui la Palestine, s’apparente selon lui à la reconnaissance des bantoustans sud-africains, et risque de desservir la lutte de la population palestinienne pour le recouvrement de ses droits.

Les arguments d’Ali Abunimah sont certes convaincants, mais une envie demeure de conserver l’élan diplomatique à l’œuvre. L’UE s’apprête en effet peut-être à prendre une initiative en ce qui concerne le processus de paix. Ne la décourageons pas, mais forçons là à se poser la question du pourquoi et de l’après. Reconnaitre l’Etat palestinien, très bien, mais pour quoi faire ? Et après, l’UE se rendormira-t-elle sur ses lauriers, contente des avancées de sa politique étrangère ? Si tel est le cas, qu’elle préserve s’il vous plait les Palestiniens, et refuse de reconnaitre l’ « Etat de Palestine ». Il est en effet nécessaire qu’une telle démarche s’assortisse de son pendant logique, c’est-à-dire de pressions sur le gouvernement israélien afin que celui-ci procède au démantèlement de toutes les colonies, ainsi que du mur construits au-delà de la Ligne verte. (NJO)

Initialement publié comme édito sur le site de l’Institut MEDEA, le 22 avril 2011.

~ par natjanne sur 28 avril 2011.

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