L’UE n’assume pas

Ces derniers jours, deux actions citoyennes ont ramené la question palestinienne au devant de l’actualité. Une deuxième flottille de la Liberté a tout d’abord essayé de s’élancer vers Gaza afin de briser le blocus imposé par Israël à la population palestinienne. Ensuite, ce vendredi 8 juillet, 600 militants ont décidé de s’envoler en même temps vers Tel Aviv afin d’attirer l’attention sur les restrictions d’accès imposées par Israël au reste du territoire palestinien, c’est-à-dire Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Loin de trouver un soutien auprès de l’UE, ces actions n’y ont rencontré qu’un perturbant silence, voire des freins clairs.

Il y a une semaine, la Grèce annonçait qu’elle ne laisserait pas partir la deuxième flottille humanitaire vers Gaza. La presse révélait au même instant la tenue d’exercices aériens conjoints des armées israéliennes et grecques. La Grèce, affaiblie,  a cédé aux pressions israéliennes. Ce vendredi, c’est par les airs que des militants ont essayé d’atteindre les territoires palestiniens suite à l’invitation émise par une quinzaine d’ONG palestiniennes. Israël a utilisé le même procédé que pour la flottille : des pressions afin que le contrôle et les restrictions de passage soit effectués par d’autres, en l’occurrence les compagnies aériennes.

La Grèce et les compagnies aériennes semblent donc avaliser les restrictions de passage imposées par Israël, et même les aider. Et pendant ce temps-là, l’UE ne dit rien.

Le silence de l’UE est éloquent. Certes, il serait étonnant de voir l’UE soutenir ouvertement la flottille. Mais à en juger à la dernière affirmation du Quartet datant du 2 juillet, cette dernière a même décidé cette fois-ci de prendre parti pour Israël : « Le Quartet regrette les blessés et les morts causés par la flottille 2010, appelle à la retenue et demande à tous les gouvernements concernés d’user de leur influence pour décourager de futures flottilles, qui risquent la sécurité de leurs participants, et comportent des risques d’escalade ». Rappelons que la première des provocations est le blocus imposé par Israël et non la flottille !

Pour ajouter une pincée d’absurde, Catherine Ashton a encore rappelé mercredi après-midi au Parlement Européen qu’elle soulignait « le besoin d’ouvrir les passages » vers la Bande de Gaza. La position de l’UE est claire sur le sujet, mais ces paroles restent vaines. L’UE ou ses Etats membres n’ont jamais entrepris aucune action pour faire pression sur Israël afin qu’il lève le blocus.

Si l’UE et ses Etats membres ne font rien, qu’ils empêchent également leurs citoyens d’agir, que reste-t-il donc comme action possible pour que cesse le blocus ? A l’UE d’en juger et d’y répondre.

Initialement publié sur le site de MEDEA, 8 juillet 2011.

~ par natjanne sur 10 juillet 2011.

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