« La démocratie est la solution »

Alaa al Aswany

Ce lundi 23 février, à l’issue d’un long scrutin, le parlement égyptien entamait enfin ses travaux. La majorité des élus sont issus de la tendance islamiste, mais même les Frères Musulmans et leurs 47% des sièges ne peuvent agir seuls. Selon l’analyse de Véronique Gaymard sur RFI, le jeu des alliances pourrait en surprendre plus d’un en se basant davantage sur des considérations pragmatiques. Mais l’enjeu réel du fonctionnement du nouveau Parlement est de savoir s’il parviendra à imposer ses lois au Conseil Supérieur des Forces Armées.

Les élections présidentielles ont enfin été fixées et ont un premier tour prévu ces 23 et 24 mars et un deuxième tour les 16 et 17 juin. Mais beaucoup dénoncent déjà une collusion entre le CSFA et les Frères Musulmans pour « choisir un candidat consensuel ». Pour cette raison, le candidat pressenti Mohammed El Baradei s’est déjà retiré de la course en janvier dernier, arguant que les dés étaient pipés d’avance.

Dans la rue la contestation continue. L’analyse de Hesham Sallam sur Jadaliyya parle d’un pays aujourd’hui divisé entre l’« univers de la transition » et l’ « univers de la révolution ». Des concepts voisins à ce que Clément Steuer appelait la légitimité des urnes à laquelle s’oppose celle de la rue (cfr. Workshop CCMO-Medea du 1er février).

L’ « univers de la révolution » est constitué selon Hesham Sallam de l’ensemble des groupes et des mouvements de contestations qui ont refusé d’obéir aux ordres du CSFA de quitter la rue et de poursuivre le jeu dans les « canaux sponsorisés par le CSFA ». Ces derniers dénoncent les méthodes des militaires ou des services d’information du Ministère de l’Intérieur, méthodes identiques à celles pratiquées sous Moubarak. Ainsi et comme le souligne le dernier rapport de Human Right Watch, la liberté d’expression ainsi que d’autres droits fondamentaux ne sont pas encore protégés et garantis dans l’Egypte post-Moubarak, au contraire. L’ONG de défense des droits de l’homme dénonce un durcissement de la répression à l’encontre des opposants politiques.

Les pessimistes diront donc facilement que les choses vont moins bien que sous l’ancien régime. Les optimistes comme Alaa al Aswany diront que la révolution aboutira, même s’il faudra du temps.  Le célèbre auteur termine tous ses articles par « la démocratie est la solution ». Alors réalité, leitmotiv, méthode Coué ?  L’actualité égyptienne nous en apprendra plus dans les prochains mois.(NJO)

Initialement publié sur le site de l’Institut MEDEA (Edito du 2 mars 2012).

~ par natjanne sur 5 mars 2012.

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